2/26/2026

Porter plainte pour vice caché voiture : guide complet

Porter plainte pour vice caché sur une voiture : quand et comment agir ?

Vous venez d'acheter une voiture d'occasion et vous découvrez un défaut grave que le vendeur vous a dissimulé. Moteur défaillant, boîte de vitesses hors d'usage, compteur kilométrique trafiqué : votre premier réflexe est souvent de vouloir « porter plainte ». Mais cette expression recouvre en réalité deux démarches très différentes, et les confondre peut vous faire perdre un temps précieux.

Dans cet article, je vous explique précisément quand la plainte pénale est justifiée, comment elle se distingue de l'action civile en garantie des vices cachés, et quelles étapes suivre pour faire valoir vos droits efficacement.

Qu'est-ce qu'un vice caché sur un véhicule au sens de la loi ?

Un vice caché est un défaut grave qui existait avant la vente, qui n'était pas visible lors de l'achat, et qui rend le véhicule impropre à son usage normal ou en diminue fortement l'utilisation. C'est la définition posée par l'article 1641 du Code civil.

Bloc définition — Vice caché automobile : défaut non apparent au moment de la vente, antérieur à celle-ci, suffisamment grave pour que l'acheteur n'aurait pas acheté le véhicule ou en aurait offert un prix inférieur s'il en avait eu connaissance (article 1641 du Code civil).

Pour qu'un défaut soit qualifié de vice caché, trois conditions doivent être réunies simultanément. Le défaut doit être antérieur à la vente, même s'il ne se manifeste qu'après. Il doit être caché, c'est-à-dire non décelable par un examen normal du véhicule. Enfin, il doit être suffisamment grave pour affecter l'usage du véhicule.

En matière automobile, les tribunaux reconnaissent régulièrement comme vices cachés les problèmes de moteur (casse, perte de puissance liée à un défaut préexistant), les défauts de boîte de vitesses, les problèmes de direction ou de freinage, et la corrosion structurelle dissimulée. La Cour de cassation a par exemple jugé qu'un défaut d'étanchéité du haut moteur provoquant des fuites d'huile constituait un vice caché lorsque ce processus lent était antérieur à la vente (Cass. 1re civ., 15 juin 2022, n° 20-12.440).

En revanche, un simple défaut d'usure normale ou un problème que vous pouviez constater lors d'un essai routier ne constitue pas un vice caché.

Quelle différence entre plainte pénale et action civile pour vice caché ?

La distinction est fondamentale : la plainte pénale vise à sanctionner une infraction, tandis que l'action civile vise à obtenir réparation de votre préjudice et l'anéantissement de la vente ou la réduction du prix.

Ces deux voies ne s'excluent pas, mais elles ne répondent pas au même objectif et ne suivent pas la même procédure.

L'action civile en garantie des vices cachés repose sur les articles 1641 à 1648 du Code civil. Elle vous permet d'obtenir soit l'annulation de la vente et le remboursement du prix (action rédhibitoire), soit une réduction du prix (action estimatoire), conformément à l'article 1644 du Code civil. Si le vendeur connaissait le vice, l'article 1645 du Code civil prévoit en outre qu'il doit réparer l'intégralité de vos dommages.

La plainte pénale, quant à elle, concerne les cas où le vendeur a commis une infraction pénale, principalement le délit de tromperie prévu par l'article L441-1 du Code de la consommation, ou l'escroquerie définie à l'article 313-1 du Code pénal.

Dans la majorité des cas, c'est l'action civile qui protège le mieux vos intérêts financiers. La plainte pénale n'est véritablement utile que lorsque vous êtes en présence d'une fraude caractérisée.

Dans quels cas porter plainte au pénal pour vice caché automobile ?

La plainte pénale se justifie lorsque le vendeur a commis un acte de tromperie délibérée ou d'escroquerie. Il ne suffit pas que le véhicule soit défectueux : il faut que le vendeur ait volontairement dissimulé le défaut ou menti sur les caractéristiques du véhicule.

Les situations les plus fréquentes sont le compteur kilométrique trafiqué, la dissimulation d'un grave accident antérieur, la falsification de documents (carnet d'entretien, rapport de contrôle technique), ou la présentation mensongère des caractéristiques du véhicule. La chambre criminelle de la Cour de cassation a confirmé à plusieurs reprises que la falsification du compteur kilométrique constitue le délit de tromperie sur les qualités substantielles de la marchandise (Cass. crim., 14 février 1996, n° 95-81.157 ; Cass. crim., 23 novembre 1994, n° 93-81.963).

Le délit de tromperie prévu à l'article L441-1 du Code de la consommation interdit de tromper le cocontractant sur la nature, les qualités substantielles, la composition ou l'aptitude à l'emploi d'une marchandise. La sanction est lourde : trois ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende selon l'article L454-1 du Code de la consommation.

L'escroquerie, définie à l'article 313-1 du Code pénal, va plus loin. Elle suppose des manœuvres frauduleuses (faux documents, mise en scène) ayant déterminé la victime à remettre des fonds. Elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende.

Bloc définition — Tromperie (art. L441-1 Code de la consommation) : fait de tromper ou tenter de tromper le cocontractant sur les qualités substantielles, la composition, l'aptitude à l'emploi ou les contrôles effectués sur une marchandise. Puni de 3 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende.

Comment porter plainte pour tromperie sur un véhicule ?

Pour déposer une plainte pénale, vous disposez de deux voies principales. Chacune a ses avantages et ses limites.

Le dépôt de plainte simple

Vous pouvez déposer plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie de votre domicile, ou directement par courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent. Le courrier doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception. Il doit décrire les faits avec précision, mentionner l'identité du vendeur et joindre tous les documents utiles : contrat de vente, factures, rapport d'expertise, échanges écrits.

Le procureur apprécie alors l'opportunité des poursuites. Il peut décider de poursuivre le vendeur, d'ordonner une enquête complémentaire, de proposer une médiation pénale ou de classer la plainte sans suite. En cas de classement, vous conservez la possibilité de vous constituer partie civile.

La plainte avec constitution de partie civile

Si votre plainte simple a été classée sans suite, ou si vous souhaitez forcer l'ouverture d'une information judiciaire, vous pouvez déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction. Cette démarche est plus lourde car elle nécessite généralement le versement d'une consignation fixée par le juge.

L'avantage principal est qu'elle vous permet de vous constituer partie civile et donc de demander des dommages-intérêts directement devant le tribunal correctionnel, en parallèle de l'action publique. C'est un levier particulièrement efficace lorsque le vendeur refuse tout dialogue.

Je recommande généralement à mes clients de consulter un avocat spécialisé en vices cachés avant d'engager cette procédure, car elle implique un investissement financier et un cadre procédural strict.

Quel est le délai pour porter plainte pour vice caché voiture ?

Les délais varient selon la voie choisie, civile ou pénale. Ne pas les respecter, c'est perdre définitivement tout recours.

Le délai de l'action civile

L'article 1648 du Code civil fixe un délai de deux ans à compter de la découverte du vice pour engager l'action en garantie des vices cachés. Ce point de départ peut correspondre à la date du rapport d'expertise, à la date de la panne révélant le défaut, ou à tout autre moment où vous avez acquis la certitude de l'existence du vice.

Depuis un arrêt majeur de la chambre mixte de la Cour de cassation du 21 juillet 2023 (n° 21-19.936), un délai butoir de vingt ans à compter de la vente d'origine s'applique également. Au-delà de cette limite absolue, plus aucune action en garantie des vices cachés n'est possible.

Le délai de la plainte pénale

Pour les infractions de tromperie et d'escroquerie, qui sont des délits, l'article 8 du Code de procédure pénale fixe le délai de prescription de l'action publique à six ans à compter du jour où l'infraction a été commise. En matière de tromperie sur un véhicule, ce point de départ est généralement la date de la vente.

Ce délai pénal plus long constitue parfois un avantage lorsque le délai civil de deux ans est dépassé. Mais attention : une plainte pénale ne remplace pas l'action civile pour obtenir le remboursement de votre véhicule.

Quelles preuves réunir avant de porter plainte ?

La solidité de votre dossier dépend des preuves que vous réunirez. Plus elles sont précises et documentées, plus vos chances d'obtenir gain de cause sont élevées, que ce soit au civil ou au pénal.

L'expertise du véhicule est la pièce maîtresse. Une expertise judiciaire ordonnée en référé a une force probante supérieure à une expertise amiable. Elle permet d'établir la nature du défaut, son antériorité par rapport à la vente et sa gravité. En pratique, je conseille souvent à mes clients de contacter mon cabinet dès la découverte du défaut pour organiser rapidement cette étape.

Conservez également tous les documents liés à la vente : contrat, facture, annonce en ligne (captures d'écran), correspondances avec le vendeur, carnet d'entretien, rapport de contrôle technique. Les factures de réparation et les devis établis après la découverte du problème constituent aussi des éléments importants.

Pour la plainte pénale spécifiquement, les éléments démontrant l'intention frauduleuse du vendeur sont déterminants. Un historique du véhicule montrant un passage chez un carrossier non déclaré, un rapport Histovec révélant un sinistre dissimulé, ou une incohérence entre le kilométrage annoncé et l'usure réelle constituent des indices particulièrement probants.

Le vendeur professionnel est-il traité différemment du particulier ?

Oui, et la différence est considérable. Le vendeur professionnel est soumis à une présomption irréfragable de connaissance du vice. La Cour de cassation l'a confirmé dans un arrêt du 17 janvier 2024 (n° 21-23.909) : cette présomption oblige le professionnel à réparer l'intégralité de tous les dommages qui sont la conséquence du vice, sur le fondement de l'article 1645 du Code civil.

Concrètement, face à un vendeur professionnel (garage, concessionnaire, marchand automobile), vous n'avez pas à prouver qu'il connaissait le défaut. Sa qualité de professionnel suffit. Vous pouvez obtenir non seulement le remboursement du véhicule, mais aussi l'indemnisation de tous vos préjudices : frais de réparation, frais de gardiennage, préjudice de jouissance, frais d'expertise.

En revanche, le vendeur particulier bénéficie d'un régime plus favorable. L'article 1643 du Code civil lui permet de s'exonérer de la garantie par une clause dans le contrat, à condition qu'il n'ait pas eu connaissance du vice. Si le vendeur particulier connaissait le défaut et l'a dissimulé, cette clause est sans effet et sa mauvaise foi peut justifier une plainte pénale pour tromperie.

Peut-on cumuler plainte pénale et action civile en même temps ?

Oui, les deux procédures peuvent être menées simultanément. Vous pouvez déposer plainte au pénal tout en engageant une action civile en garantie des vices cachés devant le tribunal judiciaire.

Toutefois, il faut connaître la règle du « le criminel tient le civil en l'état ». Si une procédure pénale est en cours sur les mêmes faits, le juge civil peut être amené à surseoir à statuer, c'est-à-dire à suspendre le traitement de votre affaire civile dans l'attente de la décision pénale. Cette situation peut rallonger considérablement les délais.

En pratique, la stratégie la plus efficace dépend de votre situation. Si vous souhaitez avant tout récupérer votre argent, l'action civile est généralement la voie prioritaire. La plainte pénale vient en complément lorsque la fraude est flagrante ou lorsque le vendeur se montre totalement défaillant et insolvable.

C'est précisément le type de stratégie que j'élabore avec mes clients dans le cadre de mon activité en droit des vices cachés véhicules, que vous soyez acheteur confronté à un défaut dissimulé ou vendeur accusé à tort.

Que risque le vendeur en cas de condamnation pénale ?

Les sanctions pénales pour tromperie ou escroquerie lors d'une vente de véhicule sont sévères. Elles visent à dissuader les pratiques malhonnêtes, particulièrement dans le secteur du commerce automobile d'occasion.

Pour le délit de tromperie (article L441-1 du Code de la consommation), le vendeur encourt 3 ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende. Le tribunal peut également ordonner l'affichage de la décision de condamnation et la publication dans la presse.

Pour l'escroquerie (article 313-1 du Code pénal), la peine monte à 5 ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende. Des circonstances aggravantes peuvent encore alourdir ces peines.

Au-delà de la sanction pénale, la condamnation ouvre droit à des dommages-intérêts au profit de la victime constituée partie civile. Le tribunal correctionnel peut ainsi vous indemniser de l'ensemble de vos préjudices dans le cadre de la même audience.

L'essentiel à retenir

Le vice caché automobile est un défaut grave, caché et antérieur à la vente, défini par l'article 1641 du Code civil.

La plainte pénale ne se justifie qu'en cas de tromperie délibérée ou d'escroquerie (compteur trafiqué, accident dissimulé, faux documents).

L'action civile en garantie des vices cachés est souvent plus efficace pour obtenir le remboursement du véhicule ou une réduction du prix.

Le délai pour agir est de 2 ans au civil (article 1648 du Code civil) et de 6 ans au pénal (article 8 du Code de procédure pénale).

Le vendeur professionnel est présumé connaître les vices : il doit réparer l'intégralité des dommages sans que vous ayez à prouver sa mauvaise foi.

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Peut-on porter plainte pour vice caché sur une voiture achetée à un particulier ?

Oui, mais uniquement si le particulier a volontairement dissimulé un défaut grave. La plainte vise alors le délit de tromperie. Vous devrez prouver l'intention frauduleuse du vendeur, par exemple via des documents falsifiés ou un historique contradictoire du véhicule.

Combien de temps faut-il pour qu'une plainte pour vice caché aboutisse ?

Une procédure pénale prend généralement entre 6 mois et 2 ans selon la complexité du dossier. L'enquête de police, les expertises éventuelles et l'audience au tribunal correctionnel allongent les délais par rapport à une action civile.

Est-ce que porter plainte suffit pour se faire rembourser sa voiture ?

Non. La plainte pénale vise à sanctionner le vendeur, pas à annuler la vente. Pour obtenir un remboursement, vous devez engager une action civile en garantie des vices cachés ou vous constituer partie civile dans la procédure pénale.

Le vendeur peut-il être condamné au pénal même s'il ne connaissait pas le vice ?

Non, car en matière pénale, il faut démontrer que le vendeur avait l'intention e vous tromper.

Porter plainte interrompt-il le délai de prescription civile de 2 ans ?

Non. Un simple dépôt de plainte pénale n'interrompt pas le délai de l'article 1648 du Code civil. Seule une assignation ou un acte de procédure civile interrompt ce délai. Ne comptez pas sur la plainte pour « gagner du temps » au civil.

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